La Région Maritime - Jour 3 - Togoville
  

La Région Maritime - Jour 3 - Togoville

Togoville, Togo le 27/03/2012

 

6H30 : Après une bonne nuit dans un four à chaleur humaine alimenté par 4 grands gaillards, nous pataugeons hors de notre marécage (plus communément appelé lit) pour aller saluer Momo qui s’active déjà depuis l’aube.

Vue de la chambre de Momo
 

Quelques minutes pour émerger et nous nous dirigeons, accompagnés par Momo, vers la gendarmerie pour signaler notre présence et être en sécurité dans la ville, car « il faut faire attention ». L’officier nous ayant assuré qu’il n’y avait aucun problème, nous nous dirigeons vers notre prochaine étape officielle, qui n’est rien de moins que notre présentation au Prince!

 

Après 5 minutes de marche sur la rue principale, nous bifurquons à droite et descendons une grande rue qui débouche sur le Lac. La pression monte quand Momo nous annonce la demeure du prince en nous indiquant une petite place en contrebas sur la gauche. Arrivés sur place avant 7H, on nous annonce qu’il ne sera pas levé avant 7H30-8H… poinpoinpoinpoinoinoinoin.

Demi-tour chez la Mama pour laisser Momo aller en cours qui commencent à 7H ! On est posé, on a les clés, et on décide d’aller chercher à boire et à manger.

 

Chez la Mama
 
Au passage à 8H on retourne chez le prince, on nous propose de nous asseoir. Au bout de quelques minutes un homme s’approche, nous souhaite bonne arrivée, et nous invite à inscrire nos coordonnées et l’objet de notre visite dans un grand cahier. Il nous demande de repasser à 11H pour entendre l’histoire de Togoville. Nous ne saurons jamais si le personnage était le Prince.

 

8H30 : Je dégaine mon téléphone pour appeler l’association, mais elle appelle plus vite que mon ombre. Je décroche et 2 minutes après une moto débarque avec deux hommes, le passager est habillé à l’Européenne. Le pilote nous donne rendez-vous à l’association, tandis que l’autre commence A GRANDS PAS à se diriger vers ce que nous pensons être les locaux de l’association. AU PASSAGE nous observons différents monuments, lieux historiques. Les photos sont prises presque sans s’arrêter, on ne fait que passer, se dit-on :

 

Fétiche
"Voici un fétiche, les gens viennent lui faire des offrandes, hophophop"

 

"

"Un monument à l'honneur du protectorat allemand : on peut voir une femme allemande et une togolaise, venez, venez!"
 

 

 

"Le tribunal, où les sorciers étaient jugés puis enfermés avec une bouteille de Sodabi et des cigarettes, jusqu'à ce que mort s'en suive, cette pratique est aujourd'hui interdite. Prenez des photos, prenez des photos!"
 
 
sprint entre deux attractions...
 
une pose avec le fétiche de la pluie, le guide est déjà loin.
 
 
"les arbres blancs sacrés, protecteurs du village et des jumeaux : chaque famille accueillant des jumeaux accroche un drap blanc autour de chaque arbre. Vous les avez pris en photos? Prenez des photos!"
 
 
deux beaux grands arbres costauds en somme.
 
 
" Le cimetière des colons allemands, mais le plus interessant, c'est le méga cactus au centre de ce cimétière."
 
 
"l'église construite par les colons allemands. Il faut prendre des photos!"
 
 
"le podium d'où Jean Paul II a réconcilié les animistes et les chrétiens"
 
 
"et a consacré l'apparition en 1940 de la vierge sur cette pirogue sur le Lac Togo"
 
 
  
l'ancêtre de Johanna a pris cher... nous apprend une fresque dans l'église, et non le guide.
 
Notre guide,
nous vante les mérites de la biodiversité deTogoville avant de lancer son plastique dans le tas de déchets situé en contrebas de notre position et, soucieux de notre satisfaction, qui se lit sur nos visages,
 
nous entraîne dans le sprint final.
 
"ruines d'une case aux esclaves, rassemblés avant d'être envoyés à Agbodrafo"
 
"Etang de pisciculture communautaire"
 
"Ponton de débarquement construit pour la venue du Pape JPII"
 
"l'association"
 

 

Presque sans nous en rendre compte, nous avons fait la visite complète de Togoville en 1H, alors qu'on pensait juste que le guide nous montrait quelques trucs en passant sur le chemin de l'asso.

On s'installe en compagnie de deux membres de l'asso pour discuter de notre hébergement et de la possibilité d'aller voir des hippopotames le lendemain matin, comme l'indiquait le Petit Futé. On arrivait avec pour idée de négocier le tarif exorbitant de 22000FCFA/personne annoncé dans le guide. Après qu'ils nous aient justifié le prix de manière aberrante (10 000 pour 1 Zem : soit ce qu'on payerait pour traverser en taxibrousse les 600km Nord-Sud que fait le pays...), nous leur disons que nous ne pourrons pas payer plus de 22000 pour deux. 1H de négociation plus tard, nous payons notre superbe visite une fortune qui serait soi-disant reversée pour l'entretien aux différents lieux de visite, et retournons à la maison avec pour idée de ne plus jamais avoir affaire à cette asso qui profite de son monopole sur le tourisme de Togoville (notre guide s'est quand même permis de refuser l'accès d'allemands à l'église sous prétexte qu'ils n'étaient pas en contact avec l'asso et a quand même atteint le sommet du culot en nous demandant avec insistance, de lui payer un coca).

 

Mission Impossible pour la fin de la journée : organiser nous-même la visite des hippo pour un tarif abordable! Indice du Petit Futé : "il est possible de descendre le fleuve Mono à partir d'Avévé" Indice glâné à l'asso : "la visite des hippo se fait sur le fleuve, 50km au Nord de Togoville".

Il nous faut d'abord retourner à Aneho en traversant le Lac, car Togoville est très enclavé niveau routier.

Direction le pont pour une traversée autorisée et gratuite de jour. Après avoir salué notre ami le garde, on s'engage sur le pont.

Et là, au bout de quelques mètres, c'est le drame! Samba pousse un cri strident et s'effondre de tout son poids, son corps inerte glisse entre deux traverse vers une chute fatale dans le Lac grouillant de voraces crocodiles du Nil, piranhas et crevettes mangeuses d'homme. Dans un geste héroïque, je me jette en avant et le rattrape du bout du bras, le tirant in-extremis d'une fin sans sépulture. Je le ramène au bord, lui verse un peu d'eau sur le visage, et lui colle d'énormes tartes pour le réveiller. Au bout de quelques minutes il se réveille, je lui raconte ce qui s'est passé, il me remercie et me jure fidélité pour l'éternité. Bref pour ceux qui n'ont pas encore tilté, merci mais je déconne.

On s'engage sur le pont et Samba flanche au bout de quelques mètres à cause de son vertige, on fait demi-tour et on réfléchit à une autre solution. On pense à sauter sur le train en marche qui arrive, a priori une riche idée, mais au final qui nous aurait sûrement valu un bakchich de plus aux gardes. En effet, celui-ci nous explique - tout en regardant la douzaine de personnes s'en allant au loin à l'arrière du train - qu'il est interdit de monter sur le train... Le train passé, le garde ayant réceptionné son colis, le garde est libéré de ses obligations et il nous propose de nous déposer à l'embarcadère des pirogues.

 

 

Délestés d'une somme exhorbitante pour 1/2H de pirogue, nous nous retrouvons à Agbodrafo.

Là, une gente demoiselle (propriétaire du scooter sus-photographié) nous propose de nous déposer à la route d'où on pourra prendre un taxi.

Camille nous invite finalement à prendre un verre avec elle avant qu'elle ne reparte pour Lomé. Quelques bières et sucreries plus tard, on échange nos numéros, on se promet de se revoir à Lomé où nous sommes presque voisins, et on se sépare.

 

 

Arrivés à Aneho, on décide de retourner manger, nous reposer et cuver à l'auberge de Zénith.

 

 

15H : on prend deux Zems et on passe vite fait remercier le maire et l'homme qui nous avait accompagné. Aucun n'étant là, on charge la secrétaire de passer le message et on se met en quête d'un transport pour Avévé.

 

Après avoir arrêté 2-3 taxis pour leur dire qu'on voulait aller à Aveve, et avoir essuyé deux démarrages en trombes et une proposition de location à 20 000FCFA, on se résigne à prendre des Zems pour faire l'aller-retour dont on évalue la distance à 10-20km.

C'est en compagnie d'un béninois qui nous apparait dur en affaires et dont la moto a autant d'expérience que son pilote et d'un togolais bien plus discret qu'on entame le périple.

La route s’enfonce rapidement dans une nature sauvage magnifique, alternant forêt quasi-équatoriale, champs, et plans d’eau. On traverse quelques villages et on passe auprès d’écoles sous les « llovo llovo bonsoir ». Après plus de 45min de route, on laisse sur notre droite un match de foot, puis on aperçoit le panneau d’entrée dans Aveve. 2 motos ayant quitté le match à notre vue nous rejoignent. Les deux pilotes qui semblent à peine majeurs échangent avec nos Zems et ils nous demandent tout en roulant la raison de notre présence, je réponds que nous voulons aller au fleuve.

On les suit, on prend à droite au beau milieu du village, et on arrive après quelques centaines de mètres devant le large lacet du fleuve Mono. Une douzaine de personnes s’affairent aux tâches quotidiennes (lessive, vaisselle, entretien du matériel de pêche). On discute avec les deux jeunes et après leur avoir expliqué qu’on voulait descendre le Mono et voir des hippopotames le lendemain à l’aube, on entame rapidement une des plus grandes négociations jusqu’à ce jour. On débat de la destination, de nos moyens, de leur pauvreté, de la location d’une pirogue, de piroguiers, etc… Après une bonne demi-heure et un bon coup de main du béninois, on tombe d’accord sur un parcours aller de plus d’une heure jusqu’au prochain village sur le fleuve. Et on repart aussi vite qu’on est arrivés, conscients de griller toutes les politesses de présentation au village, m’enfin pas le temps, la nuit va tomber.

Le retour soleil couchant est encore plus beau, on se fait déposer à la mairie à la tombée de la nuit. On prend un taxi pour Agbodrafo afin de prendre la pirogue qui débarque au centre de Togoville. Une tentative d’arnaque au Zem, une arnaque à la pirogue et deux coups de fils inquiets de Momo plus tard, nous voilà chez Momo.

On cuisine un bon petit plat ensemble et zou, au dodo parce-que... suite au prochain épisode...

 

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