La Région Maritime - Jour 2 - Aneho
  

La Région Maritime - Jour 2 - Aneho

Aneho, Togo le 26/03/2012

 

La nuit fut chaude et nous sommes réveillés par Momo qui doit aller en cours et qui, à cause de nous, va arriver en retard.

Très inquiet, Momo nous laisse quand même partir avec un particulier jusqu'à Aného.

Après avoir traversé tout Aného, la personne nous laisse en plein milieu du centre ville. Premier reflexe, manger. Nous sautons sur la vendeuse de sandwich. Après avoir dit 50 fois au mec voulant aider que je voulais 150 FCFA de pâté pour chien dans mon sandwich, nous avons enfin pu savourer notre délicieux petit déjeuner. Nous avons ensuite décidé de rebrousser chemin et d'aller en direction du pont et de nous poser afin de réfléchir clairement aux objectifs de la journée. Après avoir parlé 10 min et bu quelques gorgées d'eau, nous décidons de passer la matinée à visiter la ville réputée pour son architecture coloniale, puis de trouver des renseignements sur la visite des mangroves en pirogue.

C'est parti avec le sac à dos de 20 kg que l'on va devoir se trimballer toute la journée. Nous faisons le tour de la ville et découvrons les beaux paysages en bordure de mer, de lagune et du lac Togo.

 

Après avoir marché 2 bonnes heures, nous décidons de découvrir l'hôtel Oasis qui est assez réputé selon le Petit Futé et d'en profiter pour prendre un peu de repos et boire un coca ou de l'eau. Surprise Surprise il pratique les tarifs européens sur le coca et l'eau. 700 FCFA (1€10) les 33 cl de coca et 1000 FCFA (1€50) les 1,5 L d'eau soit 12 fois plus cher que d'habitude. On prend tout de même du repos et profitons de la vue. Nous apprenons que le patron organise des sorties en pirogue dans la mangrove pour la modique somme de 15000 FCFA, nous lui faisons croire que nous reviendrons mais il n'en est rien. De plus, il se permet de nous faire patienter 15 min pour nous rendre la monnaie. On ne reviendra jamais.

 

La journée passe et on ne sait toujours pas comment aller dans les mangroves. C'est là que nous allons découvrir l'administration de la région d'Aneho, que l'on peut assimiler à la maison qui rend fou (cf. Les douze travaux d'Asterix). Accrochez-vous à vos slips.

Selon les renseignements d'un vieux, la préfecture des lacs pourrait nous apporter ces renseignements. Allez hop, c'est à dos de Zems que nous nous dirigeons vers la préfecture des lacs. Là-bas, nous rencontrons une dame qui nous explique que pour ce genre de renseignement, il faudrait mieux aller voir le maire ou le chef de canton pour obtenir de l'aide. (On est un peu dans l'administratif typiquement français).

Nous décidons d'aller voir celui qui est le plus proche, ca sera donc le maire. 

Nous arrivons à l'hôtel de ville et nous rencontrons la secrétaire qui comprend difficilement ce que l'on veut faire puisqu'elle met un bon 5 min à comprendre que l'on veut visiter les mangroves et non pas faire un tour sur le lac Togo (ce qui au final s'avérera revenir au même,... notre faute). Enfin bref, elle nous annonce que le maire est absent et qu'il va revenir bientôt mais on ne sait pas quand, elle nous demande alors de patienter dans le couloir.

 

C'est au bout de 45 minutes que Mr Pouce se lève et où elle nous dit que pour voir le maire, ça sera après 14h30. Echec mais ce n'est pas terminé. Nous avons perdu cette bataille mais nous allons nous ravitailler et revenir en force. 

Nous sortons de la mairie et cherchons une cafétéria servant à manger, c'est arrivé à  la fin du centre ville et après avoir marché 20 minutes sous la chaleur de midi avec un sac de 20 kilos que l'on décide de jouer la facilité et d'aller dans une auberge appelée « Le Zénith » non loin du centre ville.

 

Et bien pas de regret puisque c'est un coin plutôt sympathique, à l'écart du centre, paisible et où le vent souffle. Nous prenons un plat typiquement africain, des frites avec omelette.

Nous nous soumettons également aux besoins naturels du corps.
 
 

Puis, lorsque 14h30 arrive, nous repartons la fleur au fusil en direction de l'hôtel de ville, pour une nouvelle tentative. 

Nous arrivons et remplissons un papier expliquant nos souhaits, le maire est averti mais occupé, nous patientons.

C'est au bout d'une heure, que la secrétaire nous demande de suivre un homme qui va nous amener à un endroit où nous pourrons faire de la pirogue. A ce moment là, on y croit pas vraiment puisqu'il est déjà 16h et que le soleil se couche vers 17h30-18h et qu'un tour en pirogue de 30 minutes n'est pas vraiment intéressant. Nous suivons tout de même l'homme qui nous amène à un bar assez cool et nous présente au patron qui se la joue un peu mafia, à la Tony Montana. Il nous apprend qu'il vient de recevoir un appel du maire d'Aného qui lui a dit que deux blancs arrivent et qu'il doit s'occuper de nous. Nous organisons avec lui notre tour en pirogue et payons seulement 3000 FCFA par personne au lieu de 5000 habituellement (et encore lorsque ce sont des sorties de groupe). Le prix est également à une infinité des 15000 FCFA de l'hôtel Oasis.

Moi et Gauthier étions fier comme des paons en embarquant, en nous disant que nous montions dans la pirogue parce-que Mr le Maire a passé un coup de fil. La classe, madame la marquise.

Et c'est avec le sourire que nous faisons le tour du Lac ET de la mangrove en pirogue pendant environ deux heures et où nous découvrons une nature magnifique, et presque sans plastique!

 

 
Pour voir toutes les photos de la Mangrove, c'est par ici :

Une fois le petit tour terminé,  nous accostons dans la nuit et le cuisinier nous sert une bière et nous demande d'attendre le patron, qui vient de partir, pour le remercier et lui raconter notre petit tour. N'ayant pas trop le temps (puisque Momo nous appelait toutes les 30 min pour savoir si nous étions bien en vie et voulait nous voir rentrer) et surtout pas envie de revoir ce mafieux, j'ai bu la bière rapidement et nous sommes partis en direction de la mairie pour prévenir de notre bonne arrivée et pour remercier le maire. Pas de bol, la mairie était fermée.

Donc direction la route, le taxi brousse et Togoville pour aller dormir chez Momo. 

Quelques infos à connaitre si l'on veut se rendre à Togoville, il n'existe que deux moyens :

- Prendre la pirogue et traverser le lac, le seul problème, les piroguiers sont des personnes dénués de sens moral et pratiquent une hausse des prix organisée pour le blanc et c'est encore pire la nuit. En gros à 2 on payait le prix d'une pirogue : soit 10 à 20 personnes.

- Traverser le pont de chemin de fer, le problème, c'est que c'est interdit la nuit (contrôle aux extrémités du pont) et très dangereux.

C'est donc parce que nous sommes courageux, culottés ou complètement cons, que nous décidons de traverser le pont en pleine nuit.

 

 

A l'entrée de ce dernier, nous rencontrons un cousin à Momo qui nous explique que la traversée est interdite la nuit mais que le douanier reste un homme. Je tâte ma poche pour vérifier si j'ai assez de monnaie. Affirmatif.

La traversée est difficile mais nous finissons par arriver au bout. Comme prévu, petit contrôle où nous abaissons la culotte et où nous sortons le CASH.

On passe alors sans problème et rejoignons Momo dans la nuit noir au milieu de nulle part. Nous traversons Togoville que nous découvrons à la lumière de quelques lampes à huile et nous arrivons enfin au logement de Momo qui est en fait une sorte de résidence étudiante où une mama loge plusieurs lycéens. Nous faisons les présentations et sommes invités à manger de la pâte.

Nous sortons acheter de l'eau et de quoi manger et partons dormir assez tôt car nous sommes exténués par la journée et que demain est une journée bien chargée avec réveil à 6h!

 

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